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Accueil arrow Presse arrow DISCOURS arrow Diner annuel du CCAF: Valérie BOYER représente le Maire de Marseille


Projet de discours de Valérie BOYER, vice-présidente du groupe d'amitié France-Arménie, en tant que représentante du Maire de Marseille à l'occasion du diner du CCAF - Consultez les photos


 29 01 2009 - Monsieur le Président du Conseil Régional,

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs.

Sachez en premier lieu que je suis très honorée et très heureuse de représenter le Maire de Marseille ce soir, au dîner officiel du Conseil de Coordination des Organisations Arméniennes de France (CCAF) Marseille Provence.

Monsieur le Président, le Maire de Marseille regrette vivement de ne pas être présent à vos côtés et il le regrette d’autant plus qu’il demeure très attaché à la communauté arménienne, aux valeurs qu’elle représente et aux causes qu’elle défend.

Il m’a donc chargé de vous adresser tous ses vœux de bonheur pour cette nouvelle année, vous témoigner toute son amitié et tout son soutien et de saluer, avec toute la considération requise, les éminentes personnalités qui participent à ce repas. 

Au-delà de sa forte convivialité, ce rendez-vous doit être l’occasion de transmettre des messages, et si possible, des messages de satisfaction et d’espoir.

C’est l’occasion aussi de se livrer à certaines réflexions, de confier nos aspirations communes mais aussi de dissiper certaines craintes, voire certains malentendus.

En guise de satisfaction et d’espoir, vous me permettrez de souligner que l’action de la communauté arménienne, par sa ténacité, son engagement, son désir de justice et de reconnaissance, illustre depuis des années ce qui doit tenir pour nous de vérité.
Cette vérité, c’est que si un combat n’est jamais gagné d’avance, il est toujours acquis que pour celui qui ne combat pas, c’est souvent la défaite assurée.

Or, Monsieur le Président, depuis quelques années, force est de constater que la communauté arménienne a remporté un certain nombre de victoires.

Victoire dans votre combat pour que la France reconnaisse enfin le Génocide de 1915.

Un combat que Jean-Claude GAUDIN a livré avec vous avec acharnement.
C’est lui qui a porté personnellement porté ce dossier devant notre Parlement.
C’est lui qui a déposé au bureau du Sénat la proposition de loi portant sur la reconnaissance du génocide arménien par l’État français afin qu’elle soit finalement votée par les deux assemblées et promulguée le 29 janvier 2001.

Victoire dans votre combat pour maintenir dans la réforme de la Cconstitution l’obligation du recours au référendum pour  l’adhésion à l’Union Européenne des nouveaux Etats, représentant plus de 5% de la population européenne. (sauf si les 3/5e de l’Assemblée nationale et du Sénat décident d’opter pour la voie du congrès).

Là aussi, il convient de souligner l’engagement du Maire de Marseille qui a eu le courage en tant que sénateur des Bouches-du-Rhône, de s’opposer avec virulence à la suppression du référendum votée par le Sénat le 23 juin 2008, en particulier  avec Roland Blum et moi-même.


Toutes ces victoires témoignent que le Maire de Marseille, relayé par son équipe de parlementaires des Bouches-du-Rhône n’a jamais hésité à monter au créneau dans les plus hautes instances de l’Etat pour défendre la cause arménienne.

Toutes ces victoires sont par ailleurs indissociables de tous les projets qui ont été réalisés avec le soutien de la Ville pour conforter les valeurs et renforcer le rayonnement de la communauté arménienne à Marseille.

L’école « Hamaskaïne » de Marseille est à ce jour, la seule école quotidienne en France, à proposer un enseignement de la langue arménienne, de la maternelle au lycée et dont la classe de seconde est mise sous contrat avec l’Etat.

Je sais que cette contractualisation, pour laquelle Roland BLUM s’est particulièrement investi, vous  a tenu toujours à cœur.

Aujourd’hui, c’est chose faite et je suis heureuse  qu’elle vous permette de continuer à réaliser de nouveaux projets pour les générations présentes et futures.

Le mémorial du génocide Arménien à Marseille a été inauguré le 24 avril 2006, un monument inspiré de celui d’Erevan et composé de 12 pierres représentant les 12 provinces spoliées par la Turquie.

C’est dire que ce mémorial est d’une importance capitale et symbolique.

Il témoigne que Marseille, qui a accueilli des milliers de rescapés du génocide, tient à préserver le souvenir de cette tragédie qui revêt dans notre ville une dimension particulière.

Il participe aussi à montrer que Marseille est bel et bien la capitale des Arméniens du midi de la France et constitue un exemple dans le monde pour la parfaite intégration de ses communautés.

Une intégration qui passe nécessairement par la préservation et la transmission de leur patrimoine historique et culturel.

Je pourrais également citer les événements organisés à Marseille dans le cadre de l’Année de l’Arménie, les missions officielles à Erevan conduites par Jean-Claude GAUDIN, notamment celle de 2007, afin de réactiver l’accord de coopération existant depuis juin 2002.

Je pourrais enfin rappeler ce grand moment d’émotion lié à la remise de la médaille de la Ville de Marseille et de la plaque symbolique « Rue Hrant Dink » par Jean-Claude GAUDIN à Rakel Dink (ou encore l’entretien privé organisé à mon initiative avec le concours de l’association Terre d’Arménie, entre Rama YADE, notre courageuse Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, et Rakel DINK. Je me rappelle d’ailleurs Monsieur le Président que vous avez pu y assister) .

Rakel Dink, épouse du journaliste et intellectuel Hrant Dink, condamné puis assassiné en Turquie  en 2007 pour ses opinions et ses écrits contre le négationnisme du génocide arménien.

Cette femme   est le symbole vivant de la lutte pour les Droits de l’Homme et la liberté d’expression.

En souhaitant pérenniser sa mémoire et l’action de son mari, Marseille, là encore, a tenu à faire savoir son combat permanent pour la liberté et la justice.

 C’est un combat difficile, qu’il incombe à chacun d’entre nous de mener avec obstination et avec courage.

Comme nous venons de le voir, ce combat, votre combat, doit tous nous faire prendre conscience qu’il n’y a aucun doute, ni crainte à avoir sur le soutien indéfectible de la Ville de Marseille à la cause arménienne.    

C’est une cause commune et rien ne pourrait remettre en question cette osmose et cette volonté d’avancer en rangs serrés, je dirais presque, main dans la main.

Je sais que le CCAF a placé le vote de la loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens au cœur de son action.

Je sais que certains d’entre vous sont impatients de voir cette loi , votée à l’Assemblée nationale le 12 octobre 2006, inscrite à l’ordre du jour du Sénat.

Sur ce point, je tiens à vous rappeler toute la volonté, l’engagement et le soutien des parlementaires Marseillais de la majorité. Et si vous voulez un scoop, nous allons même, sous l’impulsion de Jean-Claude GAUDIN, profiter de la réforme constitutionnelle et du renforcement des pouvoirs du Parlement - qui va bientôt maitriser la moitié de son ordre du jour - pour renouveler ensemble la demande d’inscription de la proposition de loi pénalisant la négation du génocide à l’ordre du jour du Sénat.

Par cette initiative, les parlementaires marseillais de la majorité seront les premiers à démontrer tout l’intérêt la révision Constitutionnelle dessinée par le Président de la République.
Et ce, au profit de la cause arménienne.

CAR : 
Oui, nous devons poursuivre le combat contre l’oubli.
Oui, nous devons préserver le devoir de mémoire.
Oui, nous devons être intransigeants face à la Turquie dont la candidature d’adhésion à l’Union Européenne doit être soumise   aux règles du référendum mais aussi à la reconnaissance du génocide arménien.

Plus que des contre  - parties, ces deux conditions sont inaliénables, non  - négociables. 

Le combat pour la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie est juste et légitime.

Il mérite respect et la plus grande vigilance.

Vigilance contre toute obstination à nier l’évidence, à nier l’histoire et le devoir de repentance.

Vigilance contre toute menace de réprimer, de boycotter, de provoquer pour éviter de faire amende honorable.

Vigilance contre tout propos négationniste et contre tout risque de dérapage dont certains, dans notre pays, ont en fait une marque de fabrique.

Chers amis, vous pouvez compter sur mon engagement et sur mes convictions pour appliquer ce principe de vigilance.

À la fois en tant que membre de l’équipe municipale de Jean-Claude GAUDIN, et parlementaire des Bouche-du-Rhône et Vice présidente du groupe d’Amitié France-Arménie.

Mais aussi en tant que femme attachée aux valeurs humanistes et  à la mémoire de la diaspora arménienne qui s’affirme avec tant de force à Marseille.

Vos pouvez compter sur moi aussi pour aborder de front les questionnements et les arguments qui s’opposent aujourd’hui dans le débat public et parlementaire pour aller encore plus loin  dans la reconnaissance du génocide arménien.

Ces réflexions, qui ne sauraient souffrir certaines dérives électoralistes, doivent se poursuivre avec sérénité.

C’est-à-dire sans affrontement, ni propos excessifs.

Certains, y compris dans la communauté arménienne, notamment en Turquie, revendiquent les vertus de la pédagogie.

D’autres, et vous en êtes, Monsieur le Président, souhaitez recourir haut et fort à la sanction du négationnisme et à  l’arsenal législatif et juridique qui s’ensuit.

De part et d’autres, le problème de la vérité officielle face à la vérité historique est également mis en exergue.

Pour ma part, je vous dirais tout simplement qu’il ne s’agit pas de refaire et de redire l’histoire.

Les faits parlent d’eux-mêmes et l’histoire a déjà été dite et redite.

Il ne s’agit donc pas d’engager un nouveau combat des mémoires, de se livrer au jeu de tous les dangers avec l’histoire du peuple arménien.

Il s’agit surtout de poursuivre le combat, votre combat pour que vérité et justice soient faites.

Il en va de la mémoire du peuple arménien dont le courage et la dignité, face à la tragédie dont il a été victime, nous obligent tous.

En cette fin du mois de Janvier, puisqu’il est encore temps de prononcer des vœux, permettez-moi de vous souhaiter à tous une belle année 2009, ainsi qu'à vos proches.

Une année toujours plus féconde pour la cause arménienne et pour toutes celles et tous ceux qui s’impliquent avec tant de ferveur dans la vie de notre cité.

Une vie d’autant plus rayonnante qu’elle se nourrit de ses liens de coopération et d’amitié profonde avec l’Arménie que chacun d’entre vous représentez si bien ici, tant par vos origines que par votre diversité

Bonne soirée à tous et merci. 

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