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Valérie BOYER propose une loi pour lutter contre les incitations à la recherche d’une maigreur extrême ou à l’anorexie (Consulter le dossier)
15 04 2008 - Soucieuse de lutter contre l'extrême minceur et les manipulations mentales des mouvements "pro-ana", Valérie BOYER propose une loi visant à sanctionner pénalement les personnes qui incitent d’autres personnes à se priver de nourriture pour se faire maigrir de manière excessive ou qui font ouvertement l’apologie de l’anorexie. Une véritable première mondiale Adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture ce jour, cette proposition est une véritable première mondiale. Elle poursuit l’objectif de dissuader et de réprimer les personnes qui, directement ou par le biais de moyens de communications - blogs, sites internet ou magazines… -, mettent en danger la santé de personnes fragiles en vantant les mérites de l'extrême minceur et de l'anorexie ou en recommandant la privation de nourriture pour atteindre la maigreur excessive. Par analogie avec les infractions de mise en danger de la vie d’autrui, la proposition de Valérie BOYER prévoit de punir de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende le fait de "provoquer une personne à rechercher une maigreur excessive en encourageant des restrictions alimentaires prolongées ayant pour effet de l'exposer à un danger de mort ou de compromettre directement sa santé". Ces peines sont portées à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende lorsque l’incitation a provoqué la mort. De la même façon, la propagande ou la publicité, quel qu'en soit le mode, en faveur de produits, d'objets ou de méthodes préconisés comme moyens de parvenir à une maigreur excessive ayant pour effet de compromettre directement la santé est punie de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende. Une démarche ambitieuse et globale Mais cette proposition d'incrimination pénale s’inscrit dans une démarche ambitieuse et globale engagée par le gouvernement depuis 2006 et visant à prendre en compte les troubles du comportement alimentaire en tant que véritable problème de santé publique. C'est ainsi que le programme national nutrition santé 2006/2010 et que le plan "santé des jeunes" présenté le 27 février dernier par Madame Roselyne BACHELOT-NARQUIN, Ministre de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la Vie associative, consacrent une très large place aux troubles du comportement alimentaire (surpoids, extrême minceur...) et à l'amélioration du dépistage dès le plus jeune âge des troubles nutritionnels (obésité, dénutrition...). C'est également la raison pour laquelle, un groupe de travail pluri-professionnel composé de médecins, d’agences de mannequins, de représentants de la mode, d’annonceurs, de médias et autres association ou agences de conseil en communication… a été constitué sous la présidence des Professeurs Marcel RUFO et Jean-Pierre POULAIN et que leurs travaux viennent de déboucher sur la signature d’une Charte d’engagement volontaire sur l’image du corps et contre l’anorexie. Pour Valérie BOYER, "cette proposition ne tente en aucun cas de stigmatiser les malades ou de faire croire qu’un texte de loi répondra seul aux affections alimentaires qui relèvent avant tout de la compétence des professionnels de santé.
Il s'agit de créer une nouvelle incrimination pénale dissuasive avant d’être répressive, s'intégrant dans le cadre d’une politique volontariste de protection de la santé des jeunes. Il est évident que les incitations à l’anorexie ne sont pas les seules causes de cette maladie psychique complexe et par cette loi, le législateur n'entend pas se substituer aux médecins, psychothérapeutes et autres professionnels compétents. Pour autant, il nous appartient de prévenir les dérives ou les manipulations mentales qui menacent la santé des jeunes et des personnes vulnérables ou fragiles. Il nous appartient également de nous interroger sur les représentations du corps – notamment féminin – dans notre société. Parce qu'au fond, c’est notre représentation du corps qui est en question. La pression sociale, exercée notamment par les médias, encourage des pratiques alimentaires abusives, voire pathologiques. Comment ne pas s’interroger sur ces troubles dans une société qui prône le contrôle de soi, la minceur, la performance ou l’éternelle jeunesse ? Hélas, les incitations à la maigreur excessive se multiplient, notamment via les sites dits « pro-ana », où l’on fait l’apologie ouverte de l’anorexie en diffusant d’inquiétantes recommandations qui peuvent influencer les comportements alimentaires de personnes vulnérables. Certaines pratiques confinant à la manipulation mentale sont même proches d’une véritable dérive sectaire. Faut-il observer, impuissants, l’essor incontrôlé de ces pratiques dangereuses et, par notre silence, consentir à faire de ces corps décharnés des icônes ? Non, bien au contraire : il faut lutter contre ce fléau. C’est pourquoi je propose une loi prévoyant d’incriminer l’incitation à la recherche d’une maigreur excessive."
Consulter l'intégralité de la discussion en séance publique du 15 avril 2008 Consulter le Rapport parlementaire
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