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Groupes d'amitié France & Arménie, Israël, Tunisie... Commission des affaires culturelles, familiales et sociales Délégation droits des femmes et à l'égalité des chances
 

Carte de visite de la députée


arrow Mandat : Élue le 17/06/2007

arrow Commission :
Membre de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales

arrow Délégation et Office :
Membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances

arrow Groupes d'amitié :
Vice-Présidente : Arménie - Tunisie
Membre : Espagne - Etats-Unis - Islande - Israël.

 


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Accueil arrow Action parlementaire arrow Droits des femmes arrow "La burqa est contre les femmes, les femmes sont contre la burqa"


Valérie Boyer cosigne une tribune intitulée: "La burqa est contre les femmes, les femmes sont contre la burqa" dans laquelle elle rappelle la nécessité d'une loi




 04 02 2010 -

Après plusieurs mois d’auditions, la mission parlementaire d’information sur le voile intégral a rendu son rapport. C’est un travail approfondi qui présente une contribution utile pour le débat public. Il a permis d’avancer, sur certains points, des propositions désormais plutôt consensuelles : d’abord, tout le monde reconnaît que, selon les mots utilisés par le Président de la République devant le Congrès en juin dernier, «  la burqa n’est pas la bienvenue sur le territoire de la République française ». Une majorité de parlementaires considèrent qu’il faut l’affirmer avec solennité, en votant une résolution qui rappellerait que le port du niqab est incompatible avec les valeurs de notre pays. Cette initiative doit être l’occasion de rappeler que l’égalité entre les hommes et les femmes est un principe non négociable en France. En effet, plus que jamais, la cause des femmes est un combat primordial dans notre pays.

Presque tous les parlementaires conviennent aussi que les bonnes intentions ne suffisent pas et qu’il faut une loi d’interdiction. Le rapport a bien décrypté les mécanismes qui se cachent derrière le voile intégral. Il montre qu’il ne s’agit pas d’une question religieuse mais d’une volonté d’extrémistes qui veulent instrumentaliser la religion à des fins politiques. Or une déclaration de principe, aussi nécessaire soit-elle, n’a jamais fait plier des extrémistes. Ne pêchons par angélisme ! Il faut aussi une interdiction, assortie d’une sanction, comme pour n’importe quel comportement contraire à l’ordre public.

La seule interrogation qui reste aujourd’hui en suspens est la suivante : faut-il, oui ou non, interdire les vêtements ou accessoires qui ont pour effet de masquer le visage dans l’espace public ? Nous sommes face à une question de société. Acceptons-nous que des personnes soient intégralement masquées dans les rues de notre pays ? Chacun doit désormais répondre en conscience, en mettant de côté les querelles de personnes ou de partis.

C’est ce que nous voulons faire aujourd’hui, dans un esprit de responsabilité et d’apaisement. Nous prenons position en tant que députées de la Nation attachées à l’ordre public et au vivre ensemble. En tant que femmes qui nous battons depuis des années pour faire progresser l’égalité des hommes et des femmes, en France et à l’étranger.

Pour nous, l’ordre public est en jeu. Il n’y a pas de sécurité possible dans une société où les personnes n’ont pas de visage, pas d’identité, où chacun est potentiellement interchangeable aux yeux de l’autre. D’un point de vue constitutionnel, cette explication suffit à nos yeux pour justifier une interdiction totale du voile intégral dans l’espace public. Le port du masque dans la rue n’est pas reconnu à ce jour comme un droit de l’homme !

Mais notre position est aussi motivée par un enjeu essentiel : la dignité de la femme. Une femme en burqa, c’est une femme à qui toute vie sociale est interdite, à qui toute personnalité est déniée. C’est une ombre parmi d’autres, réduite au silence. A travers le monde, des millions de femmes se voient contester toute liberté et subissent un harcèlement permanent du seul fait de leur sexe. Des contraintes odieuses pèsent aussi sur les femmes en France, particulièrement dans certains quartiers de nos banlieues, comme le rappelle courageusement l’association Ni putes, ni soumises. Nous n’avons pas le droit de l’ignorer. En tant qu’élues de terrain, nous considérons qu’il faut affronter cette réalité. L’Etat a le devoir de protéger les personnes les plus vulnérables.

Mais nous entendons aussi certaines femmes portant le niqab expliquer qu’il s’agit d’un choix libre. Soit. Est-il pour autant légitime lorsque l’on fait le choix de vivre en société ?

Certaines décisions individuelles sont une insulte à la fraternité, qui est un principe fondateur de notre Nation. Surtout, c’est une pratique qui fait peser une pression considérable sur l’ensemble des femmes de ce pays. Qu’on le veuille ou non, le port de la burqa est une pratique qui envoie un message de soumission et d’exclusion dont toutes les femmes pâtissent, alors que nous nous battons pour l’égalité dans la vie sociale, économique, politique. Nous voulons reprendre l’adresse que lançait Elisabeth Badinter à ces femmes qui porteraient librement la burqa : « Subversion, provocation ou ignorance, le scandale est moins l'offense de votre rejet que la gifle que vous adressez à toutes vos soeurs opprimées qui elles, risquent la mort pour jouir enfin des libertés que vous méprisez. »

Pour nous, une loi d’interdiction est indispensable avant que le phénomène ne prenne de l’ampleur. Elle doit être générale. Ou alors, elle n’a pas de sens. Car ces valeurs que nous défendons, elles ne commencent pas à l’entrée de l’autobus. Elles ne s’arrêtent pas à la sortie de la mairie. Elles sont des fondements du vivre ensemble et doivent être respectées partout et par tout le monde dans l’espace public. Plus la loi sera simple et claire, plus elle sera facilement respectée. Le vivre-ensemble et l’égalité hommes-femmes en sortiront alors renforcés.

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